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Les Iroquois / die Irokesen

 

Textes : Thomas Brasch, Julie Brauch, the Cure, Caroline Haag, Nadine Kirsch, Claudius Lünstedt, Nicholas Marchand, Richard O’Brien, Richard Sanderson,Violaine Schwartz, Sina Thaesler, the Undertones, Louise Wallerich, Elizabeth Willemot, Wir sind Helden, Neil Young.

Traductions : Irène Bonnaud, Nicholas Marchand, Holger Schröder

Précédé de Bin ich jung / Moi, jeune, de Claudius Lünstedt

Traduit de l’allemand par Laurent Muhleisen et Frank Weigand

Mise en scène Irène Bonnaud

Avec : Nicholas Marchand, Jean-François Noville, Violaine Schwartz, Claire Thill

Assistante à la mise en scène Cécile Arthus- Conseillère costumes Nathalie Prats-Berling - Régie générale Claudine Dollinger - Lumière Jean-Luc Zorzan - Son Eric Duchêne

Production déléguée : NEST – CDN de Thionville-Lorraine

Répétitions Staatstheater Saarbrücken

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    Répétitions Staatstheater Saarbrücken

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Les Iroquois, c’est un concours d’écriture organisé dans les lycées de la région frontalière par le réseau TOTAL THEATER qui réunit le Théâtre de la Place de Liège, le NEST-CDN de Thionville-Lorraine, le Staatstheater-Saarbrücken et le Théâtre National du Luxembourg. Le but affiché était de plonger des adolescents dans le cambouis de l’écriture théâtrale, pour qu’ils s’approprient la place du dramaturge et oublient la passivité obligatoire de « la sortie au théâtre ».

Les Iroquois, c’est aussi un texte commandé à l’auteur allemand Claudius Lünstedt, « bin ich jung », largement inspiré de sa rencontre avec les adolescents participant au concours d’écriture.

Les Iroquois, c’est enfin un spectacle qui rassemble des comédiens des quatre pays frontaliers (Belgique, France, Luxembourg, Allemagne) et qui porte le rêve d’un théâtre européen et multilingue.
Bref, les Iroquois, on ne sait pas si c’est un spectacle sur l’adolescence ou sur l’Europe ou sur l’Europe en pleine crise d’adolescence.

Même le titre est étrange.

Les Iroquois, ça peut faire penser aux coiffures d’un mouvement punk en phase terminale, rêve de révolte adolescente réduit à sa propre caricature.

Les Iroquois, c’est ainsi, paraît-il, que Voltaire avaient surnommé les habitants de Colmar, « ville ni française ni allemande, mais tout à fait iroquoise », c’est-à-dire, dans l’acception du dix-huitième siècle, bizarre, incertaine, incompréhensible.

Au bout du compte,- et c’était prévisible,- le processus de travail a produit sa propre métaphore : des individus ne se connaissant pas sont enfermés dans une salle d’attente, finissent par se raconter leurs vies, si singulières et si semblables, leurs rêves les plus intimes, et même par former une communauté, un peu précaire mais tenace. 

 

- A nos parents, on avait dit... le monde est à vos pieds... sauvage... dangereux... ne ratez aucune occasion. Et nous... si t'apprends rien, t'es bon pour le RMI. Le bac, ça vaut plus rien, alors accroche-toi s'il te plaît. Pendant les vacances, fais des stages, travaille bénévolement... accroche-toi. Tout ce qu'on mange est contaminé et pourri... soucie-toi de la défense des animaux. Espèces en voie de disparition. Fais quelque chose contre le niveau de la mer qui monte.... les glaciers qui deviennent tout riquiqui, et s'il te plaît, accroche-toi. Trouve toi un boulot stable... accroche-toi. Fais vite des enfants, parce que la société... donne toi du mal, soucie-toi, cherche, entreprends, agis et accroche-toi s'il te plaît et tâche de nous vaincre enfin le cancer. Peur... bon dieu. Ça fait peur... Peur. Peur.

 

- Hier, épreuve de conduite. La première fois de ma vie que je me suis sentie aussi... je veux dire aussi complètement seule, parce que quelqu'un, là... non vraiment ça ne m'était encore jamais arrivé... que quelqu'un... une seule personne, rien que pour moi... qu'il... je veux dire vérifie si je fais tout comme il faut... si, parce que c'était encore jamais arrivé... je veux dire quelqu'un, dans mon dos... je veux dire que quelqu'un soit là qui me dise ce que je dois faire... vraiment bizarre... Peur. Oui. M'a fait peur... pas arrêté d'avaler ma salive... comme une tarée avalé ma salive... la bouche complètement sèche... Peur.

 

Création le 12 mai 2011 au Théâtre de la Place – Liège